Echecs des Etalons. A qui la faute ?

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La participation de l’équipe nationale du Burkina à la CAN 2012 senior s’est soldée par un échec très cuisant. Trois matchs, trois défaites, zéro point, 6 buts encaissés, deux buts marqués : triste fin. Mais enfin, à qui devons-nous reprocher ce « versement de figure national » ? Qui ? Duarté, la fédé, Yack ou les 23 joueurs sélectionnés ? Répondons !

Commençons d’ores et déjà par la fédération. On l’accuse d’un laxisme profond, de l’incompétence de ses cadres dans la gestion des tâches qui leur sont assignées. On brandit comme preuves, les bavures administratives qui ont suscité l’affaire Zingué et tout son tralala de procédure juridico-sportive. Selon Duarté lui-même, des problèmes de passeports ont été rencontrés, empêchant certains joueurs de participer à la CAN. Toutes ces incorrections seraient, de l’avis de plus d’un, imputables à l’institution dirigée par Zembendé Théodore Sawadogo. Le sélectionneur national ne fait pas de détour pas pour accuser ce dernier, dans la parution de Sidwaya lundi dernier, de s’être entouré de personnes peu efficaces.

Paulo Duarté

Sélectionneur depuis trois ans, il a toujours su conduire les étalons à la CAN, mais les sanctions lors des phases finales sont toujours assez décevantes. Pour cette CAN, plusieurs analystes font état d’un certain nombre de manquements à sa profession dont la mauvaise sélection des 23 joueurs dont certains sont sans clubs donc sans compétition, de très mauvais classements sur le terrain, son manque du sens du management au sein de l’équipe, son favoritisme vis-à-vis de certains joueurs. Duarté ne voit pourtant pas les choses de cette façon. Pour lui, il y a eu des ingérences d’autorités du sport. Ingérences qui ont empêché que certains joueurs ne soient pas classés. Veut-il indexer le ministère des sports et loisirs ?

Le MSL

Le ministère dirigé par Yacouba Ouédraogo semble pourtant tenir un certain cap. Quelques mouvements dynamiques sont apparus depuis qu’il est à la tête du département notamment à travers le championnat national de football, les courses cyclistes à l’international, les tournois de basketball, … où les encouragements du ministre ne sont plus comptés. Mais la poisse des Étalons à cette CAN risque de teinter en gris son image. Déjà on semble indexer son département d’intrusion dans la sélection du onze national à chaque match. Responsable ou victime ? On verra bien.

Les 23

Laxistes, inconscients, égotistes et narcissiques, incapables, … ces insultes leurs sont proférées à tout bout de champs. Individuellement, les Burkinabé félicitent certains joueurs : Alain Traoré par exemple, mais écœurés par certains autres, notamment Dagano. Pour plus d’un, « il est à jeter ». On parle partout d’un manque du sens du patriotisme et de l’honneur chez les Etalons, d’une absence flagrante de combativité, qu’ils se comportent pour tout match comme des anesthésiés. Mauvais procès ou justes accusations ?

Objectivement

Pour être plus juste, nous allons diviser la poire de la responsabilité en 4. Ils sont tous coupables de notre échec, de notre envie de gerber à la fin de chacun des matchs joués. La plus grosse part de poire sera attribuée au sélectionneur. Coupable de laisser s’ingérer des personnes dans sa sélection, de n’avoir pas su placer comme il se fallait un effectif qui n’avait rien à envier aux autres, de n’avoir pas su donner confiance aux jeunes et surtout de n’avoir pas pu instaurer l’esprit de groupe au sein de l’équipe.

La deuxième plus importante partie de la poire est affectée aux Étalons. Ils ont fait preuve de fébrilité face à l’adversaire. Ils manquent de combativité, de rage de vaincre, d’adresse et dans une moindre mesure de patriotisme.

La fédération est malade d’elle-même. L’institution est grandement courtisée. On se rappelle qu’en 2007 le combat fit rage entre les candidats à la présidence de la fédé. Selon plus d’un, Zembendé Théodore Sawadogo avait été littéralement imposé par un membre de la famille du Président Compaoré. Les autres candidats, dont le Colonel Yacouba Ouédraogo (actuel ministre des Sports), avaient été obligés de rompre les rangs. La fédé est donc selon nous, malade de l’ingérence des politiques sur son fonctionnement. Elle ne peut jouer convenablement son rôle souverain de gérant du sport roi au Burkina Faso. Elle fonctionnera toujours, si rien ne change à ce niveau, selon les subtilités politiciennes. Mais elle ne peut porter sur elle une part importante des défaites successives des Étalons à la CAN. Elle porte la troisième plus grosse responsabilité.

Le ministère vient en dernière position. Elle est responsable de ne pas prendre le taureau par les cornes et de mettre de l’ordre au sein de la fédération. Elle est coupable de laisser l’ambiance générale se pourrir sans trouver la poigne nécessaire pour rétablir l’ordre et l’efficacité.

En un mot, Duarté doit plier bagage pour laisser la place à un autre entraîneur. Les joueurs doivent être mieux encadrés psychologiquement et doivent avoir le sens du patriotisme. La fédération doit se renouveler entièrement et le ministère doit y veiller.

Thierry Nab

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