Super Coupe d’Afrique des clubs: le Moghreb de Fès remporte le trophée

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Après s’être payé le Club Africain en finale de la Coupe de la Confédération Orange 2011, le voilà qui piège l’Espérance Sportive de Tunis pour la Super Coupe Orange 2012 : le Moghreb Fès va bientôt représenter une bête noire pour le football tunisien. Ce même foot qui écœurait pourtant son homologue marocain, finissant par constituer pour lui une sorte de malédiction confortée par le résultat de la CAN 2012.
Et c’est encore une fois la loterie des penalties qui offre le sacre aux hommes de Rachid Taoussi, ce qui ne diminue en rien de leur mérite tant ils furent impressionnants d’organisation, de fluidité, de sang froid et de talent. Notamment au milieu de terrain, copieusement confisqué par les Basri, Chtaibi, Ayati et consorts.
L’entraîneur suisse de l’Espérance de Tunis, Michel Decastel avait pris le pari d’aligner trois demis défensifs avec les Traoui, Mouelhi et Awadhi avant de rectifier le tir à la reprise en faisant entrer Iheb Msakni à la place de Karim Awadhi. Il aura ainsi perdu une mi-temps – et pris un but au passage- avant de trouver la bonne formule.
Pourtant, le début de la rencontre lui donna raison, les Sang et Or paraissant plus entreprenants et décidés : une frappe terrible de Traoui des 20 mètres légèrement au dessus (7e), une percussion de N’Djeng qui dribble le gardien fassi, Anas Znati mais ne trouve pas l’angle de tir, son ballon passant à côté (10e’), amorti de la poitrine de Youssef Msakni, la nouvelle star du foot continental , suivi d’une reprise qui trouve un Znati vigilant (13e).
Puis survint le tournant de ce derby maghrébin d’un niveau très moyen. Hamza Hajji adresse un superbe centrage côté droit qui trouve au premier poteau l’excellent Hamza Abourazzouk dont la reprise du gauche ne laisse aucune chance au gardien local (20e).
Le surnombre créé par les Jaune et noir, ajouté aux maladresses du Camerounais N’Djeng lequel évoluait très bas firent que le détenteur de la Ligue des champions ne se créera aucune occasion sérieuse jusqu’à la fin de cette première période. Sa production dans la période initiale laissa ses fans sur leur faim.
Les dieux du stade étaient fassis
Il était clair que le pressing asphyxiant exercé par le tenant de la Coupe de la Confédération Orange ne pouvait durer 90 minutes. Ce relâchement tira de sa torpeur l’Espérance qui perdit néanmoins Mejdi Traoui, expulsé par le Sud-africain Daniel Bennett pour un double avertissement (62e). Il faut avouer que les Marocains perdront de leur côté leur gardien titulaire Anas Zniti, blessé dans un télescopage avec Wajdi Bouazzi et remplacé par Ismail Kouha (59e).
Paradoxalement, le représentant tunisien trouva davantage d’équilibre et produisit sa révolte en situation d’infériorité numérique. Ben Mansour, le défenseur central échoua par deux fois (66e et 73e) dans des positions il faut l’avouer guère favorables. Mais on était toujours bien loin de l’Espérance impériale et talentueuse du parcours triomphal en Ligue des Champions. Et c’est un peu miracle si elle parvint à égaliser à la ….101ème minute de jeu, l’arbitre ayant décrété onze bonnes minutes de temps additionnel. Chammam, au début et à la conclusion d’une action confuse, trompa la vigilance de Kouha dans la joie que l’on peut imaginer des 10.000 spectateurs présents au stade de Radès.
On pouvait penser sur le coup que le MAS avait laissé passer sa chance. Par deux fois, ses attaquants se retrouvèrent avant cette égalisation en supériorité numérique devant une défense adverse aux abois. Mais Mohamed Diop, entré à la place de Abourazzouk rata l’aubaine.
Toutefois, les dieux du stade étaient fassis. Ils récompensèrent le meilleur football du Moghreb, plein de talent, de spontanéité et de mouvement. Non pourtant sans être passé par la crispante épreuve des tirs au but.
Malgré les penalties réussis par Mouelhi, Ihab Msakni et son frère cadet Youssef, les ratages de Derbali et Hicheri, deux défenseurs, coûteront cher au club de Bab Souika, un quartier populaire de la capitale tunisienne.
Dans le camp marocain, seul Zekroumi manquera son tir au but. Le Brésilien Jefferson, Basri, Dahmani et le Sénégalais Diop réussirent le leur.
En l’emportant (1-1, 4 tab 3), le MAS Fès offre au Maroc sa deuxième Super Coupe d’Afrique Orange (après le Raja, en 2000) et succède au palmarès aux Congolais du TP Mazembe.
A la fin de la rencontre, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Issa Hayatou et le ministre tunisien de la Jeunesse et des Sports, l’ancienne gloire du foot tunisien des années 1970-80 et Ballon d’Or africain 1977, Tarak Dhiab, ont remis le trophée au vainqueur. Un superbe vainqueur de la 19e édition de la Super Coupe d’Afrique Orange dont le football continental entendra à coup sûr parler dans un très proche avenir.

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