Oliver Kahn : « J’ai marqué une ère »

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Oliver Kahn a raccroché les crampons en mai 2008, après un parcours professionnel de 21 ans et 86 sélections en équipe d’Allemagne, dont 49 comme capitaine. Depuis, contrairement à la plupart de ses anciens coéquipiers, il a presque complètement quitté le monde du football pour se consacrer à d’autres challenges : un travail de commentateur pour la télévision, des études de management, un rôle de dénicheur de talents au Japon… Une chose est sûre, l’ancien joueur de 42 ans n’a pas le temps de s’ennuyer.

Oliver Khan

Oliver Kahn, presque toutes les questions vous ont déjà été posées. Y a-t-il quelque chose qu’on ne vous a encore jamais demandé ou que vous aimeriez raconter ?

(Rires) Je ne suis pas quelqu’un qui éprouve le besoin de communiquer ou de s’afficher en public en permanence. Je suis donc content qu’il y ait encore des choses que les gens ignorent. On en sait déjà beaucoup sur moi, mais c’est normal quand on a été footballeur professionnel pendant 20 ans et qu’on a été sous les feux des projecteurs.

Depuis votre retraite, savourez-vous cette tranquillité ou cela vous manque-t-il d’occuper le devant de la scène ?

J’ai pris en toute conscience la décision de ne plus trop apparaître en public. Je recherche des défis qui se situent à un tout autre niveau. L’année dernière, j’ai obtenu mon diplôme international en administration des affaires. J’ai créé la Fondation Oliver Kahn, j’ai lancé un site Internet et en plus de mon travail de commentateur pour la télévision, je produis une émission télé spéciale en Asie. Je ne veux pas vivre dans le passé. Je suis plutôt quelqu’un qui cherche de nouveaux défis à relever et de nouveaux objectifs à atteindre.

En janvier dernier, le FIFA Ballon d’Or a été attribué à Lionel Messi pour la troisième fois de suite. Considérez-vous qu’il le méritait et qu’il est le meilleur joueur actuel ?

Messi est sans aucun doute un footballeur très doué, comme un Maradona ou un Pelé. Il joue actuellement dans le meilleur club du monde. Le succès et les titres sont au rendez-vous pour lui et le fait qu’il soit sacré meilleur joueur mondial est une conséquence logique de cette réussite.

Les stars allemandes telles que Mesut Özil ou Bastian Schweinsteiger ne faisaient pas partie du top 10 des joueurs de l’année. Est-ce justifié, à vos yeux ?

Au regard des prestations de l’équipe nationale, un ou deux Allemands auraient mérité d’obtenir plus de voix. Les votes sont cependant surtout liés aux grands titres que les joueurs gagnent. Si l’Allemagne devient championne d’Europe et que le Real Madrid ou le Bayern Munich remporte la Ligue des champions, les joueurs allemands seront sans doute mieux placés.

Parlons de la Ligue des champions de l’UEFA : le Bayern Munich rêve de disputer la finale dans son propre stade. Est-ce un objectif réaliste ?

La finale à Munich, c’est bien sûr une motivation supplémentaire. Le Bayern est toujours l’un des favoris dans la course au titre. La qualité est au rendez-vous. Néanmoins, pour remporter la Ligue des champions, il faut aussi beaucoup de passion, une volonté à toute épreuve et une petite part de chance.

Que pensez-vous de Manuel Neuer, considéré comme votre digne successeur dans le but du Bayern Munich ?

Il se rend compte comme ce peut être difficile quand on a seulement une ou deux interventions à faire par match, qu’il faut se donner à 100 % et rester extrêmement concentré. Neuer est un gardien qui pourrait marquer une ère du Bayern Munich de son empreinte.

L’Allemagne remportera-t-elle l’UEFA EURO 2012, selon vous ?

L’Allemagne a proposé l’année dernière un football endiablé. Elle applique le système Löw de façon optimale et elle a progressé, aussi bien techniquement que tactiquement. Si elle fait preuve de la volonté et de la discipline nécessaires, elle peut tout à fait devenir championne d’Europe.

Il y a actuellement pléthore de jeunes talents en Allemagne : Mario Götze, Marco Reus, André Schürrle, Holger Badstuber… Que pensez-vous de cette génération ?

Ça ne me surprend pas, parce qu’il y a eu de nombreux changement structurels et de nombreuses améliorations en Allemagne, au niveau de la formation des jeunes joueurs. Le travail qui est effectué correspond à une philosophie claire. Il en ressort de nombreux footballeurs talentueux et ce n’est pas étonnant qu’il y ait des joueurs brillants comme Götze ou Reus. Néanmoins, il ne faut pas croire que ce soit quelque chose d’automatique : il y aura aussi des générations plus faibles. C’est tout à fait normal. Mais avec une formation solide, on augmente la probabilité de disposer de talents hors du commun.

Pensez-vous que ces jeunes talents devraient aller tenter leur chance à l’étranger ?

Personnellement, je ne vois pas ce que ça m’aurait apporté. On m’identifie complètement au Bayern Munich. J’ai marqué une ère qui a duré plus de 14 ans. Je suis reconnaissant pour tout cela, j’ai pu disputer des matches grandioses. C’est beaucoup plus précieux à mes yeux que si j’avais joué dans huit clubs et qu’au bout du compte, on ne se souvenait plus trop par où je suis passé. Je ne trouve pas ce type de parcours très souhaitable. D’autant plus que la Bundesliga est un championnat qui devient de plus en plus attractif.

L’appétit des joueurs espagnols est-il un peu rassasié après une couronne continentale et un titre mondial ? L’Allemagne pourrait-elle en profiter à l’UEFA EURO 2012 ?

Les Espagnols ont toujours progressé petit à petit. On a déjà pensé que ça finirait par s’arrêter, qu’au bout d’un moment ils seraient rassasiés. Mais le fait d’augmenter encore le niveau représente toujours un grand défi à leurs yeux. Même au niveau de la formation des jeunes, l’Espagne continue d’évoluer.

Nombreux sont les fans qui espèrent un retour d’Oliver Kahn comme membre de l’encadrement du Bayern Munich. Qu’avez-vous à leur dire ?

En raison des diverses activités auxquelles je me consacre, il n’y a rien qui me pousse actuellement à revenir dans le milieu du football. Il y a d’autres défis à relever que le football. Mais je continue bien sûr à suivre le parcours du club avec beaucoup d’intérêt

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