Alain Traoré au FCL : « Grandir ensemble »

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Alain Traoré a effectué son premier entraînement ce matin à Carnac: « Tout s’est très bien passé, je suis très heureux. Travailler sous la direction de Christian Gourcuff, c’est un vrai bonheur ! », sourit le neo-lorientais, qui arrive au FCL avec humilité et ambition. Interview.

Alain Traoré s’est entrainé avec Lorient

Alain, raconte-nous tes premiers pas de footballeur…
J’ai commencé à jouer au foot dans mon quartier, à Bobo-Dioulasso, où je suis né. Comme pour beaucoup de gamins africains, mon premier cadeau a été un ballon de foot. En plus, mon papa était footballeur, il jouait en Première Division au Burkina et du coup, mon premier ballon, je l’ai eu dès ma naissance ! Je jouais avec mes copains, partout où on pouvait, pendant des heures. J’étais fan du Brésil et je me prenais pour Rivaldo, gaucher comme moi ! J’ai ensuite eu la chance d’intégrer un centre de préformation, Planète Champion. Après, j’ai été sélectionné pour disputer la Coupe d’Afrique des U17 en Gambie, en 2005.

C’est lors de cette compétition que tu es repéré et approché par Manchester United…
Le superviseur de Manchester United était sur place. Après notre premier match, il est venu à l’hôtel des joueurs. Il a essayé de m’approcher mais les dirigeants de l’époque n’ont pas voulu. Il a donné sa carte de visite à un des dirigeants, qui a gardé la carte et n’a pas voulu me la donner ! Le recruteur a finalement réussi à entrer en contact avec moi et ma famille, il nous a expliqué que United était vraiment intéressé. Après le tournoi, ils m’ont envoyé un billet d’avion, avec une invitation pour un essai là-bas. Je m’entraînais avec la Réserve. Au bout d’une semaine, ils m’ont dit qu’ils voulaient me garder.

Mais ta maman a refusé…
Oui. Il faut savoir que la famille ça compte beaucoup pour moi. Ce n’était certainement pas le genre de décision que je pouvais prendre seul ! Ma maman a préféré que j’aille à Auxerre, qui m’avait également approché. Il n’y avait déjà pas la barrière de la langue et à ses yeux, Auxerre offrait davantage de garanties, notamment au niveau de la scolarité. Elle avait également apprécié que Daniel Rolland ait fait le déplacement en Afrique pour la voir, lui expliquer comment cela se passerait, lui assurer qu’ils veilleraient sur moi. Ca l’a rassurée.

Comment se passent tes débuts en France ?
Au début, ça n’a pas été facile. En plus je suis arrivé en plein hiver, le 2 janvier. Je ne connaissais pas le grand froid. J’avais eu Daniel Rolland et Guy Roux au téléphone, ils m’avaient dit de bien m’habiller. Du coup, j’avais prévu un pull, pour mettre sur mon T-shirt. Quand on a atterri, je ne voulais pas sortir de l’aéroport (rire) ! Et dès notre arrivée au stade, Guy Roux est parti m’acheter des vêtements !

Quels souvenirs gardes-tu de ta période auxerroise ?
  Énormémentde bons souvenirs. Le plus beau restera la finale de la Gambardella, en 2007, au Stade France. On a perdu aux tirs aux buts contre Sochaux, mais ça reste un grand moment. Il y a aussi la Ligue des Champions, bien sûr. Jouer contre le Real Madrid, ça marque !

Tu étais convoité par de nombreux clubs prestigieux. Qu’est-ce qui a fait pencher la balance en faveur du FC Lorient ?
Le discours des dirigeants, le projet du club, la qualité du jeu. Mais ce qui a vraiment fait pencher la balance, c’est le coup de téléphone du coach. Christian Gourcuff, c’est un grand monsieur du football et voilà qu’il m’appelle, qu’il me dit qu’il compte sur moi. Je n’en revenais pas ! Franchement, j’étais très honoré, ça m’a fait chaud au cœur et donné beaucoup de confiance. J’étais en contact avec d’autres clubs, mais son coup de fil a été le déclic : à partir de là, je n’ai plus hésité une seule seconde !

Que représente pour toi le FC Lorient ?
La qualité du jeu, l’amour du football. Lorient, c’est le Barça français ! C’est un style de jeu et des valeurs humaines qui sont aussi les miennes. Je suis jeune, j’arrive ici avec beaucoup d’humilité, avec la volonté de me mettre au service du collectif, travailler pour progresser et donner le meilleur de moi-même à mon club et aux supporters. Mon objectif est de m’intégrer le plus rapidement au groupe et au système de jeu lorientais. Je suis ambitieux et je veux réussir de grandes choses ici. En ce sens, j’avais beaucoup aimé aussi le discours du Président Féry. C’est un Président jeune, donc il comprend bien les jeunes et il leur fait confiance. C’est un homme ambitieux, qui a la même philosophie du football que le coach. Ils veulent grandir et moi aussi. Et on va grandir ensemble !

Beaucoup de Traoré ont réussi en France…
(Rire) Oui : à moi, maintenant, de me faire un prénom. C’est mon grand défi ! J’espère que ca sera grâce à Lorient.

Qui connais-tu dans le groupe ?
Julien Quercia, avec qui j’ai joué à Auxerre. Et aussi Bruno Ecuélé Manga, avec qui je suis très ami. On était récemment en vacances ensemble au Gabon. Bruno, c’est un peu mon « grand frère » !

Sources fclweb.fr

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