Affaire Paul Put : Sita Sangaré fait la guerre aux journalistes

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Le Président  de la FBF Sita Sangaré doit revoir son manière de communiquer
Le Président de la FBF Sita Sangaré doit revoir son manière de communiquer

 

Le Président de la fédération burkinabè de football Sita Sangaré a convié les journalistes à une conférence de presse le lundi 1er juillet 2013 dont l’objectif était de faire le point sur le nouveau contrat du sélectionneur des Etalons Paul Put. Mais plutôt que de répondre aux questions concernant ce sujet, Sita Sangaré s’en est pris aux journalistes qui ont annoncé la démission du Belge. Les échanges dans la salle ont conduit à des prises de becs avec les journalistes.

L’affaire Paul Put-FBF, le nom qu’on a attribué à la rumeur concernant la démission du sélectionneur des Etalons Paul Put, semblait close après l’information donné en fin de semaine selon laquelle, un accord a été trouvé le belge et la structure en charge du football burkinabè.

Pour les journalistes, la conférence de presse de ce lundi 01 juillet 2013 devait permettre d’avoir des éléments d’information sur cette actualité qui a secoué le milieu sportif les deux précédentes semaines. C’était aussi l’occasion pour la presse de connaitre la nature du nouveau contrat qui lie Paul Put à la Fédération Burkinabè de Football.

A la place de cela, Sita Sangaré a préféré déverser sa bile sur les hommes de médias. Apparemment, le patron de la FBF n’attendait que cette occasion pour expulser l’arête qui se trouvait coincé dans sa gorge. Malgré les salutations amicales avant le début de la conférence de presse, Sita Sangaré a lancé les hostilités dès ses premières phrases en accusant les journalistes d’avoir véhiculé de fausses informations.

« Depuis un bout de temps, sans que je ne sache trop la raison, il y a eu des informations largement fausses qui ont été véhiculées dans la presse… nous savons tous que le football est un monde de passion. Mais en fait, vous savez, on dit que la rumeur, c’est le cancer des temps modernes. On ne sait jamais, parce que c’est quelqu’un qui se cache derrière pour les véhiculer », a fait savoir Sita Sangaré comme si les journalistes étaient à la solde de personnes qui travaillaient contre lui.

Sita Sangaré a reconnu qu’il y a eu des discussions autour de son salaire avant même que la presse ne commence à faire cas de la supposée démission de Paul Put. Il ne comprend donc pas pourquoi c’est maintenant que la presse s’est mise à parler de ce dossier. Pour lui, si l’information avait été véhiculée au moment où les discussions avaient démarré, il aurait pu comprendre.

Sita Sangaré était particulièrement fâché contre le journaliste de l’Observateur Paalga qui a publié dans son journal avec pour titre Etalons du Burkina : Paul Put dépose une lettre de démission. Oui, il est bien vrai que le titre de l’article est informatif, une erreur que ses collègues ont reconnue en affirmant que cela a été critiqué en conférence de rédaction, mais dans le fond, le journaliste n’a pas été aussi catégorique que l’a laissé penser Sita Sangaré très en colère.

Pourtant, le journaliste en question informé de la nouvelle a tenté vainement de rejoindre Sita Sangaré  la veille de la publication de son article aux environs de 21 h. Sita Sangaré n’a pas décroché les nombreux appels. C’est ainsi que l’homme de média a tenté d’appeler les membres de la communication de la FBF. Les trois membres de la communication de la FBF ont affirmé qu’ils n’étaient pas au courant alors que le journaliste n’arrivait pas à avoir Sita Sangaré.

C’est alors qu’il a écrit son article en tenant compte de sa seule source. « Rien ne m’oblige à décrocher un téléphone à 21 h » a répondu le Président de la FBF. Il a raison. Mais, le bon sens voudrait que lorsqu’on voit de nombreux appels à une heure qu’on trouve indue, le mieux serait de rappeler la personne pour comprendre ce qui se passe.

Ce que Sita Sangaré n’a jamais fait. Pourtant, les journalistes ont un devoir de donner l’information vraie au peuple. Aucun journaliste n’écrit un article dans la ferme intention de mentir. Cela peut lui coûter son titre d’hommes de média et sa crédibilité.

Alors parce que la FBF n’a pas donné sa version des faits, L’Observateur Paalga devait donc garder l’information pour soi alors qu’il a tenté de rentrer en contact avec celle ? Ce n’est pas la première fois que Sita Sangaré a un comportement belliqueux envers la presse. Depuis son arrivée à la tête de la fédération, l’actuel Président de la FBF s’est illustré par un comportement arrogant, de donneur de leçon en éthique et déontologie journalistique.

Il a montré qu’il n’a pas le sens de la communication. Il doit s’attacher les services d’un conseiller en la matière. Selon nos informations, il a en déjà un. Si c’est le cas, c’est que ce dernier ne fait pas bien son travail. A peine Sita Sangaré laissait le temps aux journalistes répliquer à certaines critiques afin d’aplanir les divergences.

Le journaliste n’est pas un communicateur. C’est ce que doit savoir Sita Sangaré car même si un journaliste publie une information fausse, il y a ce qu’on appelle le droit de réponse. Si Sita Sangaré maitrise si bien le journalisme comme il le laisse penser, il aurait dû tout simplement user de ce droit pour démentir l’information publiée pas L’Observateur Paalga.

Concernant Paul Put, aucun journaliste n’oblige la FBF à augmenter et garder le Belge. Non. Tous les journalistes le savent bien. Les journalistes ont juste passé une information qu’ils ont reçue tout en faisant au passage savoir que le mieux serait de revoir son salaire parce qu’il a réussi là où personne ne l’attendait. Mais de là à croire que les journalistes mènent un travail de sape pour mettre la pression sur la FBF ou ternir son image, Sita Sangaré doit savoir que les journalistes sont avant tout des Burkinabè qui aiment leur pays.

De toutes les façons, les journalistes se sont seulement trompés sur la nature de la lettre que Put a déposée. Sinon, il a bien fait une demande : la revalorisation salariale.

 

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